En famille

A ma maman pas parfaite que j’aime

Ma relation avec ma « maman pas parfaite »  a toujours été particulière, fusionnelle, avec des hauts et des très bas. Mais les années filent, je suis maman de plusieurs enfants, et donc ma vision de la vie a bien changé. J’ai pris du recul sur la bonne éducation qu’elle m’a donné et sur ses erreurs. Car non, ma mère n’a pas été parfaite, mais bon sang QUE JE L’AIME.

maman pas parfaite

Devenir mère alors même que l’on est qu’une ado de 17 ans, on peut pas dire que l’on a les épaules super solides pour élever un enfant ; ni même que l’on sait à quoi s’attendre, même si on est la petite dernière d’une grande fratrie de 10 enfants.

Ma maman a rencontré mon père toute jeune,  à à peine 16 ans, et est tombée rapidement enceinte. Elle me voulait très fort, mais elle n’était pas préparée aux épreuves qui allaient suivre. Car un premier grand amour, ce n’est pas forcément la bonne personne ; celle avec qui vous serez heureuse et chérie, protégée. Loin de là, mon père était un véritable mufle, irrespectueux des femmes ;  avec lequel elle s’est pourtant mariée à 18 ans, puis séparée à 19 et divorcée à 20 ans. Et moi j’ai vécue survécu à tout ça.

Par bonheur, ma maman a refait sa vie avec un homme adorable, un ours certes, qui exprime très peu ses sentiments, mais qui m’a élevé comme si j’étais sa propre fille, alors même qu’un petit frère et une petite sœur sont venus agrandir notre famille au fil des années. C’est mon papa n°2, celui qui a subit tous les problèmes avec mon père biologique de plein fouet. La pension alimentaire non versée, les droits de visite non respectés ou quasi inexistants, les retours de week-end dans le mauvais train …..

Depuis toute petite, j’avais le sentiment d’être un trophée, l’objet d’un défi à relever ; être celle qui devait toujours avoir de bonnes notes, bien se tenir, être polie, gentille, ne rater aucun examen. Sans s’en rendre compte, mes parents, ma maman surtout, m’a mis une pression de dingue ; alors que j’étais perturbée à un point, détruite de l’intérieur, mal dans ma peau.

Il y a pourtant eu de nombreux signes que je ne citerais pas ; des choses dont je leur ai parlés, des actes que j’ai commis, la mort que j’ai tenté de croiser plusieurs fois. Mais RIEN, les années se sont écoulées, je jouais bien mon rôle de « jeune fille sage », comme si de rien n’était.  Alors pourquoi s’inquiéter.  Après tout j’étais comme ma mère, je portais un masque toute la journée pour cacher que j’allais mal.  Ma maman et moi étions très proches, presque inséparables, mais comme 2 copines ; alors que moi, je voulais une mère, une vraie.

Et un jour, je suis partie, avec ma propre famille, loin de mes parents, loin de ma mère, pour couper ce cordon néfaste.  A 25 ans je n’étais pas guérie de mes soucis d’ados, ils me poursuivaient, alors que j’étais mariée et maman de 2 enfants.

Depuis 10 ans, je suis loin d’elle, à 700 km, et durant toutes ces années, il y a eu des hauts et des bas, des règlements de compte, des soucis de famille entre frères et sœurs, la vie quoi.  Nous avons eu de longues discussions, des cris et des pleurs au téléphone ou en face à face, des longs mois sans se parler ; puis le PARDON, mon pardon, il y a environ 4 ou 5 ans.  J’ai réalisé que ma mère avait fait ce qui lui semblait le mieux pour moi ; qu’elle avait vécu un enfer avec mon père biologique, même après leur divorce, qu’elle avait commis de nombreuses erreurs.  Mais que si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à elle ; à cette force qu’elle m’a donné de toujours aller plus loin, à me battre, à me dépasser, à affirmer mes choix.  J’ai réalisé que la mère parfaite n’existe pas et que moi aussi je commets des erreurs et en commettrais encore avec mes enfants ; que moi aussi je suis et serais sûrement une maman pas parfaite.

Maintenant j’ai 36 ans, je suis heureuse, bien dans ma tête, femme et maman comblée de 5 enfants ; de ses petits-enfants dont elle est folle d’amour, et ELLE ME MANQUE.

Aujourd’hui ma maman passe un examen médical important et j’ai peur.  J’ai peur pour elle.  Je regrette de ne pas être là à ses côtés ; de ne pas pouvoir les aider elle et mon père, peur de ce qu’on pourrait lui annoncer, peur du pire.

Notre vie est actuellement ici, dans nos montagnes, où notre activité professionnelle nous retient ; où notre maison en cours de rénovation est invendable ; et où nos enfants ont grandi, avec tous leurs amis, leurs repères.  Mais c’est dans des moments comme ceux-là que cet éloignement me pèse et nous ferait à nouveau tout plaquer ; pour retourner près d’eux, près de notre famille, de nos amis ; pas que dans l’éventualité du pire, mais aussi pour le meilleur, pour profiter d’eux, encore et encore.

J’AIME MA MAMAN PAS PARFAITE DE TOUT MON COEUR ET POUR TOUJOURS

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à Bientôt
Félie et sa famille nombreuse au naturel
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3 thoughts on “A ma maman pas parfaite que j’aime

  1. Magnifique et touchant cet article et quel que soit le résultat bon ou mauvais même loin dis lui que tu l’aimes . Je croise les doigts pour que tout aille au mieux et que la vie lui offre encore pleins d’années avec ses petits enfants et ses enfants !! Moi ça va faire un an que la mienne m’a quitté sans prévenir et ce vide est très dur à supporter surtout dans une relation très forte par notre vécu, moi j’avais perdu mon papa à 12 ans donc elle nous a élevé seule mon frère et moi ! Aujourd’hui je vis de ce manque de cette envie de lui demander conseil alors profite même si ta vie est loin d’elle, moi aussi je vivais à 500 kms mais j’ai souvent pris mes enfants et hop pendant les vacances 2/3 jours près d’elle
    Plein de courage à ta maman <3
    Martine

    1. Merci beaucoup martine. Oui je l’ai très souvent au téléphone mais ne la voit que 2 fois par an. J’essaye de rester optimiste, de ne pas lui monter mon inquiétude, de positiver encore, mais je ne peux pas m’empêcher à l’éventualité de la maladie et des conséquences. La simple idée ne pas pouvoir être près d’elle pour simplement la soutenir me désespère, alors l’idée de la perdre … Toutes mes condoléances pour ta maman, personne ne mérite de vivre de tel drame, même si c’est dans l’ordre des choses, mais il y a des départs qui nous affectent plus que d’autres et la maman, c’est sacré.

  2. Et oui pas toujours évident la relation mère fille, moi je suis une enfant du divorce en pleine adolescence ou papa était inexistant ou sauf pour venir tapée maman et maman qui a sombré petit à petit dans les cachets pour oublier, la psychiatrie et m’a laissé me démener seule à 12 ans pour ses papiers, son divorce, j’allais seule voir son avocat à Paris à cet âge là.
    J’étais bien seule, je n’ai pas pu faire d’études, maman était devenu mon enfant, je lui en ai voulu mais sans jamais ne pas m’en occuper, j’ai passé mon bac à 38 ans que j’ai eut, une petite revenche sur mon adolescence, j’ai un super époux depuis 23 ans, deux beaux enfants et je m’occupe toujours de maman qui est depuis Decembre à l’hôpital.
    Elle attends une place en maison de retraite que j’ai choisi à côté de chez moi pour qu’elle s’y sente bien, elle a 87 ans et a choisi elle même d’être placée, je ne lui en veux plus du tout, moi non plus je ne suis pas parfaite.
    Merci pour ton article touchant et bon courage à toi

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