Grossesse

Ce jour où tu m’as quitté mon ange {Deuil périnatal}

Ce jour où tu m’as quitté mon ange, où nous avons découvert ce que signifie le deuil périnatal, restera gravée en moi à tout jamais, quoiqu’il arrive.

Et aussi cette date, la veille de mon anniversaire.  Alors voilà un petit article, un hommage pour mon ange, notre ange.

Nous avions décidé d’agrandir la famille pour qu’il n’y est pas trop d’écart avec Manoutéa, qui avait 1 an 1/2 à ce moment là.

J’étais enceinte à priori de 2 mois 1/2 et dans une période assez intense au boulot, avec les 4 loulous à gérer sur place. De gros soucis personnels nous rongeaient mon homme et moi, malgré notre grand optimisme.

Mais au final, trop de problèmes, trop de fatigue, trop de pressions, un souci médical ? On ne le saura jamais, et ne le souhaitions pas, cela n’aurait rien changé.

Je sentais que cette grossesse était étonnement très différente des 4 précédentes.  Je n’avais pas de nausée ou vomissement, pas de tiraillement dans le bidou, la poitrine à peine plus gonflée…  Bref, je sentais (surtout les 2 dernières semaines) que quelque chose n’allait pas.  Et c’est sûrement ce qui me refrénait à aller voir mon médecin pour apprendre une mauvaise nouvelle.

D’ailleurs nous n’en n’avions parlé à personne, pas même à la famille.

Et cette date, je m’en rappellerai toute ma vie.

Nous étions en rendez-vous au magasin avec un de nos fournisseurs.  Et j’ai soudainement été prise d’une envie d’aller aux toilettes. Je vous passe les détails mais j’ai perdu énormément de sang. Et je me vois encore me demander « c’est bien ce que je crois ? je me trompe ou pas ? » les yeux plein de larmes, mais devant vite me calmer pour jouer bonne figure pendant 30 minutes encore et terminer notre rendez-vous professionnel.

Je ne ressentais aucune douleur physique, rien du tout, si ce n’est celle dans mon coeur, je savais, j’étais certaine de ce qui était entrain de se passer.

Mon homme a terminé la journée seul au magasin, avec son inquiétude et sa peur, et moi je suis rentrée plus tôt à la maison, avec les 4 loulous, l’air de rien, même avec le sourire : les enfants ne devaient pas savoir, rien voir.

La soirée et la nuit se sont passés, avec déjà un grand vide en moi, mais je ne m’attendais pas à ce qui allait arriver, la veille de mon anniversaire, ce 16 septembre 2014.

J’étais en repos, c’était un mercredi matin, j’étais seule à la maison, un peu fébrile, souvent en pleurs, allongée dans la canapé, et j’attendais le livreur pour le bois.

J’étais habillée de noir, comme un sac, et suis allé dehors dans la rue, lorsqu’il a sonné pour livrer sur le trottoir. Mes voisins étaient dehors également.

Et au moment où je remplissais le chèque, l’impensable arriva. J’ai laissé le monsieur là en plan, avec son paiement, je suis vite rentrée chez moi en faisant un sourire forcée à mes voisins, et m’aperçut très vite que rien n’était fini, cette fois je « perdais » vraiment mon bébé.

Toujours sans aucune douleur physique, ce qui m’a complètement déstabilisée.  Je ne comprenais pas, « pourquoi comme ça ? pourquoi ici, à la maison ? » .

Deuil périnatal

Le monde s’est arrêté quelques heures autour de moi.  Mon homme rentré 1 heure plus tard avec les enfants, était anéanti, dévasté. Nous n’avions jamais connu une telle épreuve, nous les heureux parents de 4 superbes enfants.  Après tout on devait pas trop se plaindre, c’était pas dramatique.

Et nous devions encore « cacher » notre peine, pour nos enfants, par amour . J’ai prétexté une grosse migraine et beaucoup de fatigue.

J’ai vu notre médecin de famille le lendemain, sur l’insistance de mon homme.  Je tenais à peine debout, mais n’en voyais pas la peine, après tout cela ne le ramènerai pas.

Et là les verdicts sont tombés : bébé était parti, et je faisais de surcroît un burn-out.

Oui c’était encore pire que ce que je pensais : je ne m’écoute jamais, je me plains très rarement, et je ne voulais surtout pas rentrer dans la spirale de la dépression (que j’ai connu il y a 15 ans de manière extrême).

Une autre consultation médicale a été faite au service maternité pour « vérification » le lendemain même. Une sage-femme nous a accueillie très gentiment mais j’entends encore le gynéco, arrivé 10 minutes plus tard, et extrêmement maladroit, nous demander avec un grand sourire« vous venez pour un début de grossesse? » .  J’en ai rit jaune tellement je ne m’attendais pas à celle-là.

Une ordonnance médicale d’antibiotique et hop, on repartait, toujours avec ce vide, des larmes, une peine immense, pour un bébé que nous n’avions même pas rencontré ou serré dans nos bras.

Les mois suivants furent synonyme de douleurs mais surtout de changements et de décisions importantes.

Je connaissais des femmes autour de moi, même très proches, qui avaient vécu ce drame, et de façon encore plus dramatique. Et j’essayais de comprendre leur douleur, de les consoler, avec mes mots, et en vain.

Mais je peux dire aujourd’hui, que tant que l’on ne l’a pas vécu, on ne peut pas savoir ce qu’est le deuil périnatal.

Je tenais aussi à témoigner, moi qui est vécu une fausse-couche à domicile, une « expulsion naturelle« , cela existe aussi et bien plus fréquemment qu’on ne le pense.

Grosse pensée pour toi mon ange parti trop tôt.

Je porte à nouveau un bébé en moi mais personne ne te remplacera.

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à Bientôt
Félie et sa famille nombreuse au naturel
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12 thoughts on “Ce jour où tu m’as quitté mon ange {Deuil périnatal}

  1. Ma chérie, comme je compatie, personne ne devrait avoir à vivre de pareil moment. Je ne peux pas comprendre, car je ne suis pas passée par la, même si cela à été ma antise durant très longtemps, fort heureusement pour moi, les médecins se trompent souvent et j’ai deux beaux garçons en pleine forme. Je suis très attristée que tu es du vivre une telle épreuve, sans pouvoir partager pour soulager ta douleur. J’aurais tellement aimé être à tes côtés et pouvoir te soutenir de mon mieux, être là pour toi. La vie nous parait parfois bien injuste, sans que l’on sache pourquoi. Mais c’est la vie! J’ai eu mon lot de moments difficils et compliqués, de fatigue physique et mentale, de très grosse solitude alors que tu es entourée de plein de gens qui t’aime; mais la vie n’est pas toujours comme on l’espère. Pour ma part, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et d’aller de l’avant, ne plus me laisser écraser, ni marcher dessus, ça plaît ou pas, peut m’importe, je n’ai plus envie de souffrir pour les autres, mes enfants, ma famille, ceux qui compte le plus pour moi, c’est ma priorité. Courage ma belle, je suis de tout coeur avec toi, et sache que si tu as besoin de parler, je serai toujours là pour t’écouter, si tu as besoin de bras pour te consoler, les miens te seront toujours grand ouvert!

    1. Merçi ma brigitte pour ce gentil commentaire.
      Oui parfois la vie nous joue de mauvais tours et c’est ainsi. Mais la vie continue tout de même, faut faire avec et ne serait-ce que nos bout’choux. ET puis on a un peu le même caractère toutes les 2 : pas du genre à se plaindre, on avance, toujours et encore,on rebondit autrement.
      Merçi encore pour ton soutien et à très très bientôt.
      Plein de bisous de nous 6 1/2

  2. Petit ange, la terre tu as quitté
    Mais jamais tu ne ne sera oublié
    Tu es le fruit de l’amour partagé
    Et tu seras donc toujours aimé
    T’es frères et sœurs tu ne connaîtras pas
    Mais tu seras derrière chacun de leur pas
    Dans le coeur de tes parents tu grandiras
    Même si jamais ils ne te tiendront dans leur bras
    Tu resteras à jamais dans leur esprit
    Même si le ciel trop tôt t’as reprit
    Tu seras pour toujours dans leur cœur
    Malgré ce bien triste malheur

    1. Merçi c’est adorable. Ce sont des choses qui peuvent malheureusement arriver.
      Profiter de chaque instant, c’est ma nouvelle devise 😉
      Biz et à bientôt

  3. J’ai connu ça aussi en 2011. Grossesse arrêtée à 10 SA, détectée lors d’une écho précoce. Et le choc car j’avais tous les symptômes d’une grossesse normale. Curetage dans la foulée. Chagrin. Culpabilité et mois suivants très difficiles! J’y pense encore de temps en temps. Bises à toi!

  4. Je suis sincèrement désolé pour ce terrible événement.
    Je ne vais pas épiloguer durant des lignes et des lignes , car comme tu m’as très bien dit quand on ne l’a pas vécu on ne peut pas comprendre la douleur.
    Cela doit être horrible.
    Néanmoins je vous souhaite beaucoup de courage.

  5. Comme je vous comprends ! J’ai vécu cela en 2009. Une période très douloureuse psychologiquement. Même si depuis j’ai eu 2 autres enfants (4 en tout) je pense toujours à ce petit être 😢
    Le temps atténue la douleur mais ne l’efface jamais.

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